Mi casa

Il y a déjà plus de deux mois, j’ai remis les pieds en sol costaricain. Mon pays d’adoption. Les premiers jours ont été déstabilisants. En temps de pandémie, la normalité étant totalement bouleversée, se retrouver soudainement dans un coin de pays où les gens mènent leur train-train quotidien quasi habituel, c’est à la limite de l’invraisemblable. Outre le masque aussi obligatoire ici, les contacts sont permis, les rencontres entre amis s’organisent, les restaurants sont ouverts. Un tout autre monde, sans trop de restrictions. L’inconfort ressenti au départ s’estompe tranquillement. Les craintes s’adoucissent. La vie reprend graduellement son cours. Soudainement, c’est comme si tous les mois d’attente causés par la pandémie s’étaient effacés. Comme quoi tout est question de perspective!

Les premiers temps ont filé à toute allure, malgré le rythme ralenti de ma nouvelle vie. Maintenant que la plupart des choses à accomplir pour s’installer dans ma nouvelle maison se tassent, la vie se calme, devenant douce et simple. Au-delà même de mes espérances. Les semaines s’écoulent à la fois lentement et rapidement. Les réveils se font tôt. Les couchers aussi. Le soleil resplendit pendant douze heures. Le vent chaud et sec berce les arbres. La chaleur enveloppe le corps. Les vagues et les couchers de soleil apaisent l’âme. Les singes hurlent. Les oiseaux gazouillent. Les papillons virevoltent. Je me pince tous les jours. Pour garder le rêve éveillé. 

Pendant longtemps, j’ai cherché ma maison. Ma maison physique et mentale. Mon point d’ancrage. Partout où j’ai vécu, ce n’était qu’un lieu. En attendant le prochain. Avec un constant besoin de sortir, de me divertir. Comme si rester à la maison était une perte de temps, un frein à la vie. Partout où j’ai travaillé, ce n’était qu’un poids. À soulever et à subir. Avec des remises en question quotidiennes. Comme s’il m’était impossible de cadrer dans un milieu de travail, peu importe lequel.

Aujourd’hui, j’ai trouvé ma maison. Where I belong, comme on dit en anglais. Là où j’ai envie d’être, là où j’ai envie de m’accomplir. Plus besoin de sortir, plus besoin d’aller voir ailleurs. Plus besoin de travailler pour un patron, je le fais désormais pour moi. Vous direz sûrement que je suis une casanière. Vous avez bien raison, je suis une casanière étrangère. 

Et la bonne nouvelle c’est que ma maison c’est aussi un peu votre maison. Mi casa es su casa.

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Je m'appelle Joëlle et je suis une expat basée à Playa Avellanas au Costa Rica. Je partage mes réflexions d'étrangère et j'écris sur la vie que j'ai choisie, celle dont j'ai tant rêvée. Suis-moi dans cette belle aventure et découvre ton étrangère à toi.